C’est écrit dans leurs yeux.
Le premier regard que tu me jettes, Roy, après deux semaines passés loin de toi, sans pouvoir te voir, te parler, t’entendre, te humer quand je te glisse un bizou dans la chevelure : Tiens, papa, t’es là toi. Il y a de l’étonnement, de l’espoir et de la crainte dans ce regard. Du haut de ses 22 mois, il feint ne pas m’entendre, fuyant mon regard, cherchant à se cacher dans les recoins, je le sens souffrir mon semi-homme. Je le vois bien.
Laurence des bulles, toi, tu souris comme une hyène gotlibéenne. Tes queneuils pétillent de ravissement. Elle fait pas de manières, ma fée des étoiles. Ses petits bras m’enroulent. Elle devient comme un de ces maharadjahs que l’on voit sur un éléphant. Ça brasse mais elle se tient.
Ça prend vingt minutes, une demie-heure avant qu’il ne dégèle, mon Tourlou, qu’il se rapproche nonchalamment, qu’il collabore de plus en plus à pleinement, qu’il se colle, complice.
“Dans ses yeux, un laisser-passer,
le tour du monde en deux secondes,
prière de ne pas déranger,
ferme la porte je suis en ondes.”
On se revoit très bientôt, mes chéris.


