Je me suis senti fébrile ce soir d’apprendre que. Moi qui croyait que…
Au fil de l’enchevêtrement des conversations, je me rends compte que ce désir de “ramer doucement” vers le rivage est absolument intact (suis-je surpris?). Il y a dans ce geste quelque chose de porteur… et d’éminemment tendre, pour ne pas dire sensuel. Suffit de s’accorder sur la direction et… (soupir)
Laissons ce fruit mûrir, je vous prie. Lui prodiguer des soins patiemment, l’arroser, lui offrir les chauds rayons de l’astre du jour, lui glisser des mots doux. Et s’il devenait à son tour un arbre capable de donner de beaux fruits juteux à souhait, ne serait-ce pas là un événement digne?
Comme c’est étrange, pareil. Ce soir, je devrais me coucher tôt et… je n’en ai aucune espèce d’envie.



Quelle étonnante et rarissime fiche j’ai parcourue à deux reprises plutôt qu’une… On découvre parfois sur la route une sensibilité hautement perceptible, une sensualité qui fait frissonner, une pureté… j’ai cru parcourir l’expression de ce qui vient d’un autre siècle et pourtant…
Ramer ou pagayer délicatement dans une même direction… possibilité ou utopie?
J’aime à croire que cette douce activité peut avoir un potentiel réel et magique qui laisse place au renouvellement et à la renaissance entre les deux mêmes êtres, laisser libre court à ses émotions et ses douces pulsions, aimer en se sentant libre plus que jamais, en lieu et place d’un éternel recommencement avec une longue liste d’êtres humains différents…
Découvrir et apprivoiser certes mais aussi approfondir ce qui est là, devant nous, voir grandir, voir mûrir… je ne perdrai jamais cette conviction qu’au-delà de la neuvième semaine… il est possible d’être versatile l’un envers l’autre, de laisser toutes les couleurs de deux êtres pétiller librement, en toute complicité, la possibilité de ressentir un état de symbiose au gré des saisons…
Oui, j’aime encore à croire qu’il est possible de semer fébrilement…de cultiver ardemment…de récolter intensément…
Passiondouce/Lise
Comment by passiondouce — January 3, 2006 @ 10:25 am
Que voilà un commentaire inspirant, vivifiant, troublant…
Comment by Richard — January 3, 2006 @ 7:19 pm
Je serais bien curieux de connaître le mobile de votre étonnement vis-à-vis ce texte auquel vous faites référence dans votre commentaire, ce qui vous a fait frissonner…
Vous l’avez parcourue deux fois ? Vous y cherchiez quelque chose ?
Comment by Richard — January 3, 2006 @ 9:01 pm
Semer fébrilement… (soupir)
Je suis remué à la lecture de ces mots. Honoré de participer à les provoquer.
J’ai l’intime conviction que ramer doucement dans la même direction que l’autre, est non seulement possible, mais envisageable. Une utopie ? Certainement pas. Ce mot forgé il y a quelques lunes par ce cher Thomas More, tient son sens de sa racine grecque qui ne ment pas. Utopie signifie “nulle part”. Or, le désir ardent de ramer doucement n’est pas nulle part : nous le portons en nous, géographie intime, ne perdant rien de son intensité, résistant à toutes les embûches et les revers de fortune qui, il faut croire, ont certainement quelque chose de cathartique, soyons bons joueurs.
Mais comment faire ?
Nous pourrions nous accorder sur un fait indéniable : il faut écouter son désir. Mais c’est si dur d’écouter son désir. D’abord de l’identifier, de s’en assurer, de valider son intuition, son sentiment. On sait que cela requiert de bons dissolvants, une écoute exigeante, une communication sans fards, une critique sans filet. L’intelligence du coeur… Il y a tant de sirènes, tant de chimères, tant de mots lancés en l’air. Ce que nous prenons pour un désir est soudainement démasqué, se révélant un simple manque idiot et mécanique. L’équilibre entre le pensé, le dit et le fait est entreprise si précaire, d’abord avec soi-même. Et il y l’autre. Même armé de la meilleure volonté.
Mais comment faire ?
Il y a le plaisir de se mouvoir, le désir de lui tendre la main, cet accord tacite qui n’a rien de silencieux. Au-delà de la puissante charge charnelle, que n’est-il possible de faire lorsque deux mains s’offrent un vol de reconnaissance, osent glisser lentement l’une dans l’autre, vérifient leurs points d’appui jusqu’à se refermer l’une sur l’autre, geste d’ouverture grandiose, récolte intense ?
S’offrir à l’autre ? Lui tendre la main ? Il me vient ces coups de pinceaux lumineux du bonhomme Languirand :
“Comme c’est difficile de s’abandonner, d’avancer à découvert, de vivre généreusement car, au moment où on travaille sur soi, en effet, on renonce en partie à son système de défense, on montre son jeu, on devient plus vulnérable”, écrivait-il.
Je crois qu’il y a dans cette vulnérabilité une clef. Pas un passe-partout. Une clef. Un mécanisme qui, lorsque l’un est inséré dans l’autre, déclenche quelque chose. On ne voit pas ce qui se passe à l’intérieur, mais quelque chose est en mouvement. Il n’y a pas à se battre avec les éléments. Une porte s’ouvre.
C’est un fol espoir. Mais on serait davantage folâtre de ne pas donner à ce feu naissant l’oxygène requis afin de briller davantage… et faire se mouvoir les rameurs vers ce canoe céleste.
Comment by Richard — January 4, 2006 @ 10:11 pm
Toujours en suivant le fil d’Ariane, me suis retrouvée à cette page de votre bel esprit. Vivre passionnément. Mais comment vivre autrement? Moi, je n’ai jamais su. Le confort et l’indifférence m’ennuient, m’anesthésient. (Elle cherche le mot anesthésier dans le dico: […]suspendre la sensibilité à la douleur) J’ajouterais, pour compléter la métaphore, et la sensibilité au bonheur. “Pas d’malheur, pas d’bonheur” chante le poète du même prénom que vous.
J’ai senti que votre nuit était calme…. vous n’avez même pas senti mon discret battement d’ailes
Comment by Lorraine — January 7, 2006 @ 2:48 pm
En revenant de la bibliothèque de San Giorgio, je tire ce chariot of fire dans lequel les Tourlous se sont assoupis. Ce qui me vaut 1000 sourires attendris en chemin.
À la biblio, je vérifie mon compte hotmail et jette un oeil sur Blogmoi, pour voir comment il “sort”… et tombe sur ce “Pas d’malheur, pas d’bonheur” qui réveille des accords endormis.
Sur le chemin du retour, dans l’hiver désert, les mots me reviennent par le monte-charge de la mine. Je peux chanter à pleins poumons :
Entendez-vous la rumeur,
La loi de la compagnie?
“Il faudra que tu meures
Si tu veux viv’ mon ami”
Les larmes me viennent.. est-ce un trop-plein? suis-je ivre de sensibilité? est-ce ce plaisir que j’ai que j’ai à goûter ces moments fabuleux avec mes marsouins, à grimper cette côte de la mort en tirant ce chariot empli de gisements de douceur ? Et je pense à ces mots tendres, à cette période incertaine où les glaces se lézardent, temps précaires. La curiosité est une énergie puissante qui coule sous la surface de la glace, tandis que nous croyons que la nature fait sa morte…
Comment by Richard — January 7, 2006 @ 6:44 pm
Pourquoi l’avoir parcouru deux fois?
Plus un texte est intensément intéressant, plus je serai incitée à le relire, ne serait-ce que pour en faire une lecture entre les lignes, tenter de vraiment ressentir ce que son auteur ressent lui-même…
Le frisson vient de la relecture, celle qui ne peut être que plus profonde… la découverte d’un être passionné…
Comment by Lise — January 11, 2006 @ 2:27 pm
La découverte d’un être passionné… Oui, parcourir des territoires de l’autre, labourer le terreau fertile de sa curiosité… lent et patient labeur appliqué, parfaitement adapté… soupir…. Creuser des sillons en laissant le hasard semer ses saillies piquantes.
Comment by Richard — January 13, 2006 @ 10:10 pm
Ce qui est intéressant avec le temps et la patience, c’est que ça nous évite parfois des labours sur des terres arides.
Dit autrement, et plus sèchement : talk is cheap.
Comment by Richard — February 6, 2006 @ 8:18 am
…
Comment by Lembellie — March 12, 2006 @ 1:40 am
Le facteur a posté une missive à Indeed (1410575) ;-)
Comment by Lembellie — March 12, 2006 @ 1:48 am
And who is Indeed ?
Comment by Rg — March 16, 2006 @ 10:53 pm