Les Tourlous dorment.

À travers les écouteurs, j’entends pour la seconde fois des bruits dans la chambre.

Je vais voir : c’est Roy qui se cogne la tête contre le mur. J’ajuste l’oreiller, me penche sur lui et écoute son souffle. Dans la pénombre, j’aperçois la petite main de Laurence, j’y glisse la mienne. Ses doigts se referment sur ma main.

Je ne sais pas combien de temps je reste entre vous deux, étendu sur le lit, à m’emplir de ce silence. Mes yeux se remplissent d’eau salée, mais pourtant je flotte.

Je vous vois pas grandir, mais n’empêche.

Quand nous sommes ensemble, mes chéris, je dois être l’homme le plus en paix avec lui-même sur Terre.