Vous êtes loin, mes Tourlous.

Je m’ennuie de toi, Laurence. Tout de toi me manque, mon chaton : ta voix, tes couettes, ta main dans la mienne, ton poids quand je te prends sur mes épaules pour aller faire une promenade à dos de chameau.

Je m’ennuie de tes rires aux éclats, Roy, tu sais ces rires que nous avons au moment de choisir le shampooing. Je cherche partout cette chaleur qui vient quand on s’endort comme des chatons. Pis me semble que ça fait une éternité qu’on n’a pas préparé un sauce à spaghetti ensemble pendant que Laurence brasse les pâtes.

J’ai vécu longtemps sans vous connaître, mes espèces, sans savoir qu’un jour vous entreriez dans ma vie et que vous lui donneriez un sens que je cherchais encore jusque là. Depuis que vous y êtes, je ne crois pas que vous savez comment j’apprends à aimer grand-papa et grand-maman, mon papa et ma maman à moi.

Je me sens vide sans votre présence. Je n’ose penser à ce qu’ils ressentent, grand-papa et grand-maman, quand ils sentent la peine que j’ai de vous savoir loin.

Ces jours-ci, je les passe avec Nicolas et Nathan. Ils me demandent parfois de vos nouvelles. Eux non plus voient pas souvent leur papa.

Pendant que sa maman aide son grand frère à faire ses devoirs, j’aide Nico à faire les siens. Il est en 1re année, il apprend ses lettres, A, B, C…, des choses que l’on fait ensemble tous les trois quand on écrit des mots à l’ordino ou qu’on lit des histoires de Toupie et Binou.

Je vois Nicolas s’ennuyer de son papa, je le vois dans ses yeux, je le sens dans sa voix. Ça me rend toute chose de penser qu’à cinq heures de route, il y a des moments où deux Tourlous s’ennuient de leur papa, qu”ils se demandent où je suis, ce que je fais, pourquoi on se voit pas. Et ça se voit dans leurs yeux.

Je vous aime, mes amours. Mais ça, je pense que vous le savez déjà.

Roy et Laurence

Photo prise le 14 mars 2004.