cinémapar Rg le 11.02.2006 @ 7:12 pm

Pierre : “Non la mort la plus douce, pour moi, c’est Félix Faure.”

Diane : “Tiens donc. Explique-moi pourquoi je suis pas surprise.”

Pierre : “On peut toujours rêver.”

Louise : “C’est qui? C’est quoi?”

Claude : “Le bien-aimé Félix Faure.”

Dominique : “La Belle Epoque.”

Claude : “Président de la République française en exercice. Son coeur s’est arrêté de battre pendant que sa maîtresse, l’admirable madame Steinheil, à genous à ses pieds, lui prodiguait avec fermeté le pompier de tous les pompiers.”

Louise : “Mon Dieu!”

Pierre : “Les ennemis du Président s’écrièrent : Il voulait être César, hélas, il ne fut que Pompée.”

Claude : “Et madame Steinheil fut surnommée la pompe funèbre.”

Rémy : “C’est pas à moi que ça serait arrivé, tout ça.”

Diane : “C’est tout de même pas de notre faute si t’avais le coeur trop bien accroché. Je te rappellerai, mon cher Rémy, qu’à une certaine époque, moi-même et peut-être d’autres personnes ici présentes, te pompions férocement et avec vivacité.”

Claude : “Peut-être, mesdames, eût-il fallu que vous le pompassiez plus vigoureusement?”

Dominique : “Cela ne se pouvait, monsieur. Nous pompâmes autant que nous pûmes!”

Louise : “Je tiens à rappeler ici qu’en tant qu’épouse légitime je pompais de mon côté avec assiduité et mansuétude.”

Diane : “Ciel! Madame?! Vous pompâtes?!”

Rémy : “Arrêtez. Vous me faîtes mal.”

Merci Écran noir pour cette longue citation. Enfin, on devrait dire merci Denys Arcand, même si… Le Québec avait une chance de s’exprimer sur la scène internationale ce soir-là, et le poète n’a pas su.

Enfin. La productrice a pris la parole, mais pas l’auteur, de surcroît son mari.

C’est une bonne nouvelle?


identités, cinéma, le couple, langagespar Rg le 11.02.2006 @ 7:02 pm

Daniel Auteuil et Juliette Binoche dans Caché de Michael HanekeCe n’est pas caché; c’est qu’on ne veut pas voir.

Ni savoir.

Ni devoir.

Ni revoir.

Au revoir. Adieu Monsieur.


l'écriture, cinémapar Rg le 04.01.2006 @ 7:24 pm

« Ce qu’il y a de beau dans un mystère, c’est le secret qu’il contient et non la vérité qu’il cache ».

Source : Contrechamp


à faire, cinémapar Rg le 06.10.2005 @ 11:09 am

Documentaire de Marc-Antoine Roudil et Sophie Bruneau (2002), 52 minutes. France-Belgique-Suisse

Documentaire sur les arbres qui semble bien intéressant, à retrouver. Le film fut présenté en juillet et août 2005 à Québec.

Source : Québec Scope


cinémapar Rg le 01.02.2005 @ 10:20 pm

Hable Con Ella de Pedro AlmodovarEntendre, voir, ressentir Cucurrucucu Paloma (sauvegarder avec le clic droit) par Caetano Veloso, est un temps fort de Hable Con Ella d’Almodovar, un parmi plusieurs autres.


le désir, littérature, identités, l'écriture, cinéma, palacepar Rg le 28.01.2005 @ 1:15 am

Alfred Hitchcock all by himselfLes avatars d’Alfred Hitchcock permettaient des interactions particulières avec les gens dans les espaces virtuels. Avec la présence de ce maître du 7e art dans un Palace, le terreau devenait fertile, les possibilités scénaristiques innombrables (”joué à la manière de”).

J’adorais aborder les femmes avec des long shot…. en émettant des pensées, comme dans les bulles des bandes dessinées, au lieu de m’adresser à elles directement, restant en périphérie, excentrique :

- “Cette brunette semble avoir le profil parfait pour jouer la scène de la douche…”

- “…ou préfère-t-elle celle avec la pelle?”

- “chose certaine, elle va aimer son massage…”

- “.. mais elle sera sans doute sensible à la vue d’un couteau…”

- “elle doit pas avoir d’agent…”

Les réactions étaient… variées, c’est le cas de le dire… Comment retrouver cet esprit? Avec quel logiciel?

Je dois certainement avoir des captures d’écran d’Alfred et de son humour glacial dans le mac somewhere. C’est l’heure de l’opération avatars. Il faut retrouver tous ces beaux avatars, notamment les Snoopy et quelques autres.


le désir, blogosphère, cinémapar Rg le 06.01.2005 @ 8:08 pm

En googlisant le mot luxure, je déambule parmi les citations des moines de l’Abbaye de Saint-Benoît en Suisse aux néo-imprécations de la cyberagora du bien-pensant Dufresne, en passant par Saint-Augustin et ses admirateurs, qui me rappellent Desjardins à la manière de Frenchie Villon. Que de tristesse devant ce refus de la vie.

Et à travers les flammes de l’enfer, cette trouvaille : Voyages en cinéphilie, où la blogueuse décortique des oeuvres du 7e art avec un bonheur manifeste et une maîtrise certaine de l’écriture.

Dans la page où j’ai atterri par l’entremise de l’outil de recherche, il y est question de Great fuck at Tiffany’s, oeuvre érotique mélange trouble de candeur et de perversité, de gourmandise et de plaisir. On y cite Éluard “les yeux de la luxure ont des joies secrètes”, la belle hardeuse a un regard de feu.. Je crois que je vais revenir.. :- )


identités, cinémapar Rg le 22.12.2004 @ 4:49 am

“The way we place a camera, the way we cut, is very orthodox. Perhaps it’s because the way we dream.

Well, it’s a code. Much in our culture is elevated by certain technologies and certain accelerations that transpose the ordinary into the mythic.

I attach a great importance to being able to understand what the meanings of some things are above what they appear to be.”

Sur le site de la compagnie de production d’Atom Egoyan, suite au visionnement d’Ararat.


à faire, littérature, cinémapar Rg le 12.12.2004 @ 6:36 pm

biographie de Jean Marais, peut-être grâce aux bons mots de miss ChereRasade


à faire, cinémapar Rg le 12.12.2004 @ 6:00 pm

Jean? Becker

titre du film : Falbala


identités, cinémapar Rg le 28.02.2002 @ 9:00 pm

« Je finis de ramasser les olives et je vous retrouve dans une demi-heure au bar du village. D’accord ? »

La voix aux accords profonds est reconnaissable même à travers mon portable. À l’heure dite, Marie Trintignant vient me guider jusqu’à sa bergerie perdue dans les monts du Roussillon où elle passe les vacances de Noël en famille. « Il va geler, alors on se dépêche de ramasser les olives de mon père. Il habite à côté. »

Tous ses enfants sont là, les deux petits aux joues rouges et aux cheveux ébouriffés qui vous tirent sur le pull pour vous entraîner à jouer. Paul, un peu plus grand, un peu plus secret, et le beau Roman, qui fait le grand frère pour aider maman à se débarrasser de la marmaille le temps de l’interview. Samuel, le père des deux plus petits, traverse discrètement la pièce chaleureuse où nous nous trouvons devant un grand feu, quand Jean-Louis arrive, tout frais, du dehors, avec un cadeau pour sa fille, un chapeau de chasse : « Qu’est-ce que ça te va bien ! » dit-il avec un regard tendre. Quelques considérations sur les olives, et il s’éclipse. L’entretien peut commencer. Interrompu quatre ou cinq fois par les passages de Paul qui aimerait tant savoir ce que sa maman peut bien me raconter. Une maman détendue et souriante, avec des mèches dans les yeux et mon numéro de téléphone écrit sur le dos de la main. Comme des restes d’enfance.

+++

Psychologies : Après avoir été alcoolique, nymphomane, mythomane, fétichiste et j’en oublie, dans “Petites misères”, vous jouez une accro à la consommation. Vous aimez les rôles de cinglée ?
Marie Trintignant : Jeune première, c’est le rôle le plus emmerdant qu’on puisse trouver ! J’aime les personnages avec des handicaps, j’ai envie de les comprendre, de les défendre, ces femmes-là. Pour jouer des alcooliques, des fétichistes, des filles étranges, on est obligé d’aller chercher loin en soi. C’est cet ailleurs qui m’intéresse. Même si aller au bout de soi demande une énergie effroyable. Parfois, pendant les tournages, j’ai l’impression d’avoir un chaudron dans le ventre.

La technique ne permet pas d’éviter d’aller chercher si loin ?
Elle permet d’y aller plus vite, c’est tout. Avant, je mettais deux jours pour me mettre dans un état de grande douleur, puis il m’a fallu une demi-journée, quelques heures et maintenant, il me suffit de quelques minutes. Mais il faut quand même gratter. Mon père dit que les comédiens sont des gens qui se grattent les croûtes. Il a raison. Nous sommes des âmes ouvertes.

Il dit aussi que vous êtes l’une des rares actrices heureuses. C’est vrai ?
Oui, c’est vrai. J’ai eu la chance, petite, de pouvoir observer beaucoup de comédiens neurasthéniques. Ça protège de le devenir soi-même. J’ai compris tôt les dangers de ce métier. Il faut trouver un équilibre dans le déséquilibre. Ma vie personnelle est équilibrée, alors je me reconstruis plus vite après un tournage.

C’est ici que vous vous ressourcez ?
J’y viens dès que je peux. J’y ai même vécu trois ans quand les enfants étaient petits. Je les changeais d’école quand je devais être à Paris. Mais maintenant, ils sont trop grands. Je suis retournée à Paris, mais je subis Paris. Contrairement à certains comédiens, je n’ai pas besoin de la ville pour me nourrir. Je me nourris mieux en ramassant les olives. Quand j’arrive ici, mon système respiratoire change.

Avec votre regard lointain, votre petit air toujours ailleurs, on ne vous imagine pas aussi « saine », aussi proche de la nature.
Pourtant, si vous saviez comme je suis normale et comme ma vie est équilibrée ! Je suis très heureuse chez moi, c’est vrai, mais je suis aussi à l’aise sur un plateau que dans ma salle de bains. Il faut dire que j’y traîne depuis que j’ai 3 ans. Mes premiers jouets c’était les cales « sifflets », ces espèces de cales en bois qu’on met pour que les travellings ne bougent pas. On peut faire des maisons avec…

À quel âge avez-vous commencé à jouer la comédie ?
A 5 ans, avec ma mère, mais j’ai vraiment commencé mon métier à 15 ans. J’étais très décalée quand j’ai joué “Série noire”. C’était un film dur et, comme je n’avais pas de technique, j’avais l’impression que, pour être sincère, je devais passer par quelque chose de douloureux. Quand on est ado, on se lance à corps perdu dans la moindre scène et on peut se faire du mal.

Vous dites souvent que vous êtes une ex-muette. Qu’est-ce que ça veut dire ?
Mais que je ne parlais pas ! Jusqu’à 20-22 ans, je ne pouvais parler qu’à mes proches. Dans un dîner, j’étais incapable de demander le sel. J’étais une blessée. J’ai été tellement entourée d’amour, de tendresse que, quand je suis entrée dans le monde, je n’avais aucune défense. C’est difficile, quand on élève un enfant, de lui donner tout notre amour, toute notre confiance et aussi de l’armer pour la vie. Je n’ai pas la solution. La chance de mes enfants est qu’ils sont nombreux. Les grands frères aident les plus petits à se créer des défenses.

Pourquoi avez-vous fait quatre enfants ?
Parce que je suis gentille. Je n’ai pas su dire non à leurs papas. [Elle rit.] Ce n’est pas totalement faux, vous savez. Je rêvais d’une famille très gaie, comme celle de ma mère avec ses six frères et sœurs. Mais j’avais peur de faire des enfants, peur qu’ils meurent. J’ai d’ailleurs toujours peur, et j’aurais toujours peur. Les enfants ne m’ont apporté que de belles choses, si ce n’est cette peur.

Vous avez aimé être enceinte ?
Non, pas tellement. J’avais peur de porter un mort. Dès que l’enfant bouge, ça va mieux, mais avant, je n’arrête pas de faire des échographies. Le premier, j’étais sciée qu’il sorte, que ça marche. Pour les autres, j’aurais dû me calmer, mais non. Quand je suis enceinte, j’ai une peur blanche.

Pourquoi les comédiennes ont-elles peu d’enfants ?
Mais parce qu’on ne veut pas de nous quand on est enceinte ! Moi, je suis arrivée à travailler jusqu’au septième mois, mais avec de grandes manches ! [Elle rit.] C’est aussi un métier qui donne les pires défauts si on se laisse faire : l’égoïsme, le narcissisme, « dans quel état je vais être », « dans quel état je vais revenir », « moi, je », « moi, je », « moi, je »… Un enfant c’est pas trop « moi, je », c’est plutôt lui, lui, lui…

Petite, étiez-vous consciente de la célébrité de vos parents ?
Oui, bien sûr. C’était même difficile à assumer. J’étais conformiste, je voulais être comme les autres. Chez moi, j’étais folle de joie d’avoir des parents aussi merveilleux, mais quand ils venaient me chercher à l’école, j’avais honte, je leur demandais de m’attendre au coin de la rue.

Vous aimiez l’école ?
C’était un cauchemar permanent. J’ai tellement été élevée dans la non-autorité que l’école me terrifiait. Je ne supportais pas les cris des professeurs. Chez moi, on ne criait jamais. Je ne comprenais même pas les règles de base, l’obligation de faire des devoirs dans des matières qui ne me plaisaient pas. Il y a des choses, comme la géométrie dans l’air [elle agite les bras], qui m’échappaient complètement. J’ai arrêté en troisième et j’ai suivi quelques années de cours par correspondance, puis, je suis vite entrée dans la vie active.

Vos parents ont perdu un enfant quand vous étiez petite. Vous aviez quel âge ?
[Long silence…] C’est terrible. J’ai zappé cette période. Je ne sais plus rien. Je me souviens simplement qu’on voulait m’offrir des cadeaux et les cadeaux n’avaient plus d’importance. Il reste une douleur, une souffrance qu’on garde toute sa vie. On ne peut plus perdre de temps avec les choses sans importance. La mort d’un proche vous empêche définitivement d’avoir des caprices.

On a l’image des Trintignant comme de parents idéaux. Ils l’étaient ?
Oh oui ! J’ai eu une enfance de rêve. Ils m’emmenaient sur les tournages avec eux et sinon, on restait à Paris. Contrairement à beaucoup d’enfants de comédiens, je n’ai pas le souvenir de parents absents.

Pourtant, Jean-Louis a confié, lors d’une interview, qu’il a été un mauvais père…
Je ne sais pas pourquoi il a dit ça. Peut-être parce qu’il estime qu’un bon père doit être sévère. Mais il a été un père merveilleux. Un père amoureux.

Ce n’est pas trop lourd, un père amoureux ?
Oh non ! C’est bien !

Comment avez-vous vécu leur divorce ?
Ç’a été dur. Même si leurs nouveaux conjoints se sont toujours bien comportés, même si personne n’a jamais dit du mal de personne, savoir qu’on ne se réveillera plus jamais tous ensemble, qu’on ne partira plus jamais en vacances ensemble, c’est douloureux. Mais j’ai une mémoire sélective qui ne peut pas tout retenir, alors elle enlève les douleurs et ne garde que les souvenirs heureux.

Vous avez tourné sous la direction de votre mère, joué au théâtre avec votre père. Ce n’est pas difficile d’être en même temps fille et comédienne ?
Ma mère, c’est une déesse. Sur un plateau, on a des rapports complètement professionnels avec, en plus, une immense complicité. On sait qu’on s’aime, on n’a donc pas besoin de prendre des pincettes pour se dire les choses et on gagne du temps. Notre amour permet cela. Jouer avec mon père, c’est merveilleux. Nous avons une complicité organique, je dirais presque osseuse. Parfois, sur scène, je vois dans ses yeux une idée qui passe, et c’est exactement ce que je pense au même moment. Il est comme moi. On est en harmonie.

Vous allez continuer à jouer avec lui ?
J’aimerais tout le temps jouer avec lui. On va partir en tournée avec “Comédie sur un quai de gare” et on en prend pour deux ans, ensuite on va essayer de partir à l’étranger avec les “Poèmes à Lou”, et on va en prendre pour trois, quatre ans… Après, on cherchera une autre pièce pour que ça dure encore.

Vous avez aussi des projets avec votre mère ?
On écrit ensemble la vie de Colette pour la télé. J’adore travailler avec mes parents. C’est tellement rare d’avoir cette permission que ça me fendrait le cœur de ne pas en profiter.

Comment vous imaginez-vous quand vous aurez leur âge ?
Mon père a dit cette phrase qui m’a beaucoup fait rire : « La vieillesse est une chose atroce et on ne prévient personne. » Il a raison. Je crois vraiment que vieillir est un truc terrible et que nous devrions être prévenus. Moi, je prépare ma vieillesse depuis quelques années. D’abord, je me suis mise à écrire et c’est très rassurant. Si un jour je suis prostrée dans une chaise roulante, je pourrais toujours écrire. A notre âge, il faut profiter de nos jambes pour faire de la moto, jouer au tennis, nager, etc. Après, il faut monter vers l’intellect qui se dégrade moins. Les choses pour la tête, comme le jeu d’échecs par exemple, je les garde pour plus tard, pour quand je serai vieille.

Entrevue par Hélène Mathieu, parue dans Psychologies en février 2002

© Psychologies.com 2005