identitéspar Rg le 22.12.2007 @ 7:46 pm

“On vient de soupeser les propos des « de-souche » qui ont pris la parole lors des forums de la commission Bouchard-Taylor. Et on a trouvé quoi ?

Que 2 % avaient tenu des propos racistes. C’est la première catégorie.
Que 13 % avaient tenu des propos lourds de préjugés défavorables, c’est la seconde.
Que 50 % avaient tenu des propos modérés, c’est la grande plaine du milieu.
Que 20 % avaient tenu des propos licheux, lourds de préjugés favorables.

Enfin, que 15 % se sont exprimés sur des sujets autres que ceux cernés par la Commission. On les a, il me semble, abusivement exclus de l’étude. Quinze pour cent de purs imbéciles, ce n’est pas si inintéressant, comme statistique.

On ne s’entend évidemment pas sur la façon de lire cette étude. Par exemple, pour les deux premières catégories, 15 % de racistes dans une société, est-ce énorme ? Beaucoup ? Ou tout simplement normal ? Par « normal », j’entends : pas pire, pas mieux qu’ailleurs. Pas pire, pas mieux que dans le reste du Canada. Pas pire, pas mieux que dans la plupart des pays d’Europe, quel que soit le modèle d’intégration. Rappelons-nous que, dans de nombreux pays d’Europe – France, Belgique, Allemagne, Autriche, Hollande, Italie – sévissent des partis d’extrême droite ouvertement racistes qui vont chercher à peu près ça : dans les 15 % à chaque élection. Rappelons encore qu’en 2002 la France des Lumières a envoyé Le Pen en finale des présidentielles.

Quinze pour cent, un raciste sur six habitants. On ne parle pas ici de la Chine ni des ex-républiques du bloc communiste, mais des plus vieilles démocraties de la planète. Quinze pour cent, un raciste sur six habitants. Rien pour être fier de l’Homme et de sa fiancée. C’est beaucoup, c’est énorme et… et c’est normal. C’est ça. C’est tout.

Bien entendu, au Québec aussi. Sauf qu’au Québec il se trouve toujours plein de gens pour laisser entendre, pour laisser croire, pour faire comme si c’était au Québec seulement. C’est voulu. C’est là une instrumentalisation politique, un racisme utilitaire jamais pris en compte par les statistiques. S’il l’était, il ferait considérablement monter la moyenne canadienne.

L’autre grand désaccord de lecture porte sur les 50 % de modérés. Il se trouve des profs de ceci-cela, des intervenants auprès des immigrés pour affirmer sans vergogne que, sur le fond, ces 50 % de modérés sont clairement xénophobes. Pour les intégristes du pluralisme à la canadienne, revendiquer que les immigrés fassent un effort pour s’intégrer à la culture de la majorité, c’est de la xénophobie.

Entendez-moi bien. Un intellectuel se lèverait pour crier que le Québec est assis sur ses préjugés, ses clichés, son folklore de merde, sur une bêtise sans équivalence dans la francophonie, qu’il adore des nullités, qu’il est toujours à revendiquer le (gros) bon sens qui n’a jamais été rien d’autre qu’une formule rancie, j’applaudirais comme un fou. Mais d’entendre d’une dame chercheuse à l’INRS que quatre Québécois de souche sur cinq sont xénophobes, je dis que c’est de la pure merde. Je dis que c’est crinquer le ressort de la culpabilité. Je dis que c’est envoyer du renfort à Mario Dumont. Je dis que cette dame est sûrement une rejetonne illégitime de Trudeau.

Je dis aussi que ce qui est vraiment inquiétant et unique au Québec, ce sont les 20 % de connards de la quatrième catégorie : on a beaucoup à apprendre des immigrés, leur culture enrichit la nôtre. J’entends la voix qui dit ça, elle traîne un peu, pose : Leur culture enrichit la nôtre. Parle pour la tienne, de culture, si creuse qu’un peu de couscous la remplit.

Évidemment que se frotter au monde enrichit. Est-ce bien nécessaire, ma tante, de s’en extasier sur le ton du jardinier un peu gaga qui regarde tomber la pluie : c’est bon pour les radis ?

Comment t’expliquer, ma tante, que me vient toujours, à ce moment précis, une furieuse envie d’aller pisser sur les putains de radis ? Peut-être suis-je un peu xénophobe, après tout. M’a te dire, cela me dérangerait moins que d’être un peu con.”

Le samedi 22 décembre 2007

par Pierre Foglia


identitéspar Rg le 21.11.2007 @ 1:01 am

“Êtes-vous blonde ?” demande un lecteur à Foglia. “Vous êtes si candide, si innocent quand vous vous désespérez de la culture populaire que vous me faites chaque fois penser à cette blague de blonde…

Pourquoi les blondes écoutent-elles les films pornos jusqu’à la fin?

Parce qu’elles espèrent chaque fois que le gars va demander la fille en mariage.”


identités, Tourlouspar Rg le 18.04.2007 @ 3:18 pm

Les Tourlous dorment.

À travers les écouteurs, j’entends pour la seconde fois des bruits dans la chambre.

Je vais voir : c’est Roy qui se cogne la tête contre le mur. J’ajuste l’oreiller, me penche sur lui et écoute son souffle. Dans la pénombre, j’aperçois la petite main de Laurence, j’y glisse la mienne. Ses doigts se referment sur ma main.

Je ne sais pas combien de temps je reste entre vous deux, étendu sur le lit, à m’emplir de ce silence. Mes yeux se remplissent d’eau salée, mais pourtant je flotte.

Je vous vois pas grandir, mais n’empêche.

Quand nous sommes ensemble, mes chéris, je dois être l’homme le plus en paix avec lui-même sur Terre.


identités, l'écriturepar Rg le 13.04.2007 @ 2:40 am

Je m’amuse à tout réécrire mon CV sous format blogue.

Je pense que le blogue CV pourrait être un débouché intéressant à offrir. Une forme de modèle d’aggrégateur personnel du parcours professionnel. Un blogue de base mettons pour 50 piasses. Suis-je fou de penser que ça pourrait marcher?

Je pourrais étendre l’idée et offrir aux familles de devenir leur “égoblogueur”, concevoir des arbres généalogiques avec Flickr, Del.icio.us, Gmap, radioblogclub.

Let’s become éditeur of hundreds of curriculum blogs … :- )))

Après, on jouera avec le wiki et un tiddlywiki Get Things Done… integrate some GoogleMaps stuff… Backpack…


identitéspar Rg le 12.04.2007 @ 9:27 pm

I miss you, matante Jeannine.


identités, Tourlouspar Rg le 29.12.2006 @ 11:33 pm

par Josée Blanchette dans Le Devoir, édition du vendredi 17 novembre 2006.

Expliquer la mort aux enfants

Tiré de Ma maman du photomaton, d'Yves Nadon, Les 400 coups.« Chaque fois que monsieur B s’élance vers le ciel dans une balançoire, il fait des coucous à papy Gilles, le grand-papa qu’il n’aura jamais connu. «Maman? Pourquoi il est mort, papy Zilles? Pourquoi les médecins ils ne l’ont pas guéri? Est-ce que ze peux lui parler? Est-ce qu’il peut nous voir? Comment il a fait pour monter dans le ciel?»

Ça fait un moment que je suis dépassée par les réponses à servir à un enfant de trois ans concernant notre finalité. Satisfaire sa curiosité, protéger son innocence, ne pas trop brusquer mes propres limites, le menu est varié. Je tergiverse sur le choix des mots, m’embrouille dans les explications et la procédure, bafouille quelques évidences auxquelles je ne suis pas certaine de croire. Bref, je mesure l’immensité de mon analphabétisme devant le mystère de la mort. Bouche le B, je suis.

«Il faut dire la vérité aux enfants, ne pas employer de métaphores», m’explique Sylvia Hamel, une psychothérapeute qui a fondé Parent Étoile à l’intention des enfants endeuillés. «Il est “parti”, il est “monté au ciel”, il fait “dodo” ne sont pas des réponses adéquates, même pour les tout-petits. Les enfants sentent, entendent et méritent de vraies explications. Ça les rassure beaucoup. On veut tellement les protéger qu’on ne leur rend pas service. Avant d’aller au ciel, il faut leur expliquer que maman, grand-papa ou leur chien Patate sont morts et ce que nous savons de la mort.»

S’arracher la tête

Il y a deux semaines, on a demandé à la fondatrice de Parent Étoile d’annoncer à un petit garçon de quatre ans la mort de sa mère, enceinte de quatre mois et décédée dans son sommeil à l’âge de 26 ans.

«Le papa ne se sentait pas capable de le faire. Et c’est souvent mieux si la mauvaise nouvelle arrive d’un étranger. L’enfant peut nous en vouloir à nous, ce n’est pas grave. Lorsque je suis repartie, il m’a dit de ne plus lui adresser la parole… », dit Sylvia, qui a versé de grosses larmes en lui annonçant que sa maman et son futur petit frère étaient morts. «Il le savait déjà. J’ai seulement mis des mots sur ce qu’il percevait dans son entourage depuis quelques jours. J’avais apporté un petit ourson en peluche en lui disant que l’ourson était orphelin et qu’il n’avait personne pour s’occuper de lui. Il me l’a pris des mains. Mais une fois que je suis partie, il lui a arraché la tête. Voyez-vous la douleur qu’il avait dans la sienne? La grand-maman a recousu l’ourson et depuis, il s’en occupe bien… »

Sylvia Hamel organise également des ateliers sur le deuil qui s’adressent aux enfants de 6 à 12 ans. Elle les fait dessiner sur un oreiller, baptisé «l’oreiller de colère»: «Dans la mort, on se sent toujours abandonné. Et en colère contre celui qui est mort, ou contre les médecins qui ne l’ont pas guéri, ou encore contre l’autre parent qui est moins disponible.»

Sylvia fait également écrire une lettre à la personne décédée: «As-tu engraissé?», «As-tu la télé?», «As-tu une nouvelle blonde?», demandent les enfants à l’un ou l’autre de leurs parents disparus. La thérapeute utilise aussi des insectes morts pour expliquer aux tout-petits l’absence de faim ou de douleur: «Parfois, les enfants se sentent soulagés par la mort d’un parent malade depuis longtemps car la souffrance était difficile à porter pour eux. Et avec le soulagement vient la culpabilité. C’est le genre de choses qu’on aborde. On leur explique qu’on meurt seulement si on est très, très, très vieux, très, très, très malade ou très, très, très blessé. Trois fois le «très», c’est très, très, très important!»

Sylvia fait régulièrement face à la problématique du suicide. Le parent survivant veut à tout prix épargner la vérité aux enfants. «Une mère qui ne voulait pas que ses enfants de 7 et 10 ans sachent que leur père s’était jeté devant un train m’a appelée l’an dernier. Son fils lui avait dit qu’il avait tenté de se suicider en rentrant de l’école. Rien de grave: il jouait à se jeter en haut d’un banc de neige. Mais c’était un cri d’alarme. Cet enfant savait que son père n’avait pas eu un “accident” de train. Sa mère s’est souvenue de Parent Étoile quand son fils a demandé un télescope afin de voir son père dans le ciel.»

De toutes les couleurs

Parce qu’ils ont l’air d’oublier et de jouer, passent rapidement d’une émotion à l’autre, on sous-estime énormément la tragédie du deuil chez les enfants. Les deuils non résolus ressurgissent forcément plus tard, lors d’une perte subséquente. «Un deuil non résolu peut avoir des conséquences sur trois générations. Les enfants ont besoin d’en parler eux aussi, de faire partie des rituels, d’assister aux funérailles ou d’aller au salon funéraire s’ils en éprouvent le désir», estime Sylvia Hamel, qui a vu débarquer chez elle des adultes blessés par un «vieux» deuil.

les couleurs de ma mère de Francine CaronDans son livre Les Couleurs de ma mère, Francine Caron aborde la difficile question de la mort d’une maman en passant par toutes les couleurs de l’arc-en-ciel. «Ce livre, je l’ai écrit il y a six ans mais ç’a pris du temps pour trouver un éditeur qui accepte de toucher au sujet. À mon école, où je suis intervenante communautaire, il y a plein d’enfants qui perdent leur maman. Ce n’est pas rare. Mais dans notre société, une mère ne meurt pas. Une mère, c’est de l’ordre de l’intouchable.»

Francine a elle-même écrit ce livre, magnifiquement illustré par Annouchka Gravel Galouchko, à la suite d’un deuil non résolu qu’elle a porté durant 30 ans. Elle constate que beaucoup d’adultes offrent son livre d’enfants à d’autres adultes. «On redevient un enfant quand nos parents nous passent le flambeau», remarque cette mère de quatre garçons qui estime que les enfants sont des baromètres et de grands observateurs, qui méritent tous nos égards et notre attention dans le deuil. «Il faut surtout leur dire de ne pas avoir peur de s’attacher et d’aimer, même si ça peut faire mal. Il n’y a pas grand-chose qui accote ça dans la vie, malgré tout», pense l’auteur.

Forte des conseils de Francine et de Sylvia, j’ai emmené mon B voir mon père au cimetière cette semaine. Devant la pierre tombale, je lui ai expliqué les choses de la vie.

— Papy Gilles était très, très, très triste et il a choisi de mourir pendant que tu étais dans mon ventre. C’est pour ça que les médecins n’ont pas pu le soigner. Il ne voulait plus vivre, tu comprends? Mais toi, si jamais tu es très, très, très triste, tu vas en parler à quelqu’un, ok? Tu ne vas pas choisir de mourir!

— Oh! Pauvre lui! Est-ce qu’il est encore triste, maman?

— Je crois qu’il doit être triste de ne pas t’avoir rencontré.

En quittant le cimetière, mon B a soufflé un baiser vers le ciel. “Bye Papy, sois plus triste!” »

Joblo

L’intégrale de cet article sur le site du Devoir.


identitéspar Rg le 02.10.2006 @ 2:57 pm

Lyn Heward“Il faut ouvrir le coeur et le corps
à toutes les choses qui sont devant nous
et les affronter chaque jour”

Lyn Heward


identités, médiaspar Rg le 02.10.2006 @ 1:21 pm

J’ai trouvé ça curieux que Cyberpresse publie ce texte en date du mercredi 13 septembre 2006. Je me demande s’il fut publié également dans la version imprimée de La Presse cette journée-là.

par Pierre Foglia
dans le journal La Presse
Samedi 9 décembre 1989

“On va encore parler de ça.

Forcément.

Moi, c’est le monstre lui-même en personne et comme personne, qui m’intéresse. Je suis fasciné. Et je ne suis pas le seul. Une collègue d’un autre journal vient juste de m’appeler pour me dire la même chose: «Maudit que j’aimerais faire le portrait de ce gars-là…»

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identitéspar Rg le 24.08.2006 @ 11:16 pm

Je t’en veux pas, maman.

Si tu pouvais nous laisser respirer sans nous ensevelir d’objets de toutes sortes. On va t’aimer pareil, tsé.

Si tu étais là pour nous, avec nous, tout simplement avec ce que tu es.

maman


identités, médiaspar Rg le 24.06.2006 @ 12:48 am

“Until you really face the truth of your own mortality, you can’t really start to live.”

Alan Ball


identités, géographiespar Rg le 14.06.2006 @ 4:11 pm

Dans le numéro de juin du magazine Infopresse, Marie-Claude Ducas, directrice des contenus, attire l’attention sur la vitalité culturelle de Montréal, saluée par divers médias étrangers.

“On s’est désolés, avec raison, de notre perte de sièges sociaux, par rapport à Toronto, écrit-elle. Mais alors qu’on parle de plus en plus de développement durable et de qualité de vie, n’y a-t-il pas des opportunités extraordinaires à faire valoir ici, pour attirer des innovateurs et des créateurs?”


identités, Tourlous, photographiespar Rg le 05.06.2006 @ 3:26 am

Roy et OlivierAvant que mon abonnement pro à Flickr prenne fin et d’ici à ce que je le renouvelle, j’ai téléversé une bonne partie des photos de Noël 2005.

De beaux moments.

C’est quand les prochains, là ?

Photo : Roy et Olivier en pleine action.