La pluie, c’est bon pour les radis
“On vient de soupeser les propos des « de-souche » qui ont pris la parole lors des forums de la commission Bouchard-Taylor. Et on a trouvé quoi ?
Que 2 % avaient tenu des propos racistes. C’est la première catégorie.
Que 13 % avaient tenu des propos lourds de préjugés défavorables, c’est la seconde.
Que 50 % avaient tenu des propos modérés, c’est la grande plaine du milieu.
Que 20 % avaient tenu des propos licheux, lourds de préjugés favorables.Enfin, que 15 % se sont exprimés sur des sujets autres que ceux cernés par la Commission. On les a, il me semble, abusivement exclus de l’étude. Quinze pour cent de purs imbéciles, ce n’est pas si inintéressant, comme statistique.
On ne s’entend évidemment pas sur la façon de lire cette étude. Par exemple, pour les deux premières catégories, 15 % de racistes dans une société, est-ce énorme ? Beaucoup ? Ou tout simplement normal ? Par « normal », j’entends : pas pire, pas mieux qu’ailleurs. Pas pire, pas mieux que dans le reste du Canada. Pas pire, pas mieux que dans la plupart des pays d’Europe, quel que soit le modèle d’intégration. Rappelons-nous que, dans de nombreux pays d’Europe – France, Belgique, Allemagne, Autriche, Hollande, Italie – sévissent des partis d’extrême droite ouvertement racistes qui vont chercher à peu près ça : dans les 15 % à chaque élection. Rappelons encore qu’en 2002 la France des Lumières a envoyé Le Pen en finale des présidentielles.
Quinze pour cent, un raciste sur six habitants. On ne parle pas ici de la Chine ni des ex-républiques du bloc communiste, mais des plus vieilles démocraties de la planète. Quinze pour cent, un raciste sur six habitants. Rien pour être fier de l’Homme et de sa fiancée. C’est beaucoup, c’est énorme et… et c’est normal. C’est ça. C’est tout.
Bien entendu, au Québec aussi. Sauf qu’au Québec il se trouve toujours plein de gens pour laisser entendre, pour laisser croire, pour faire comme si c’était au Québec seulement. C’est voulu. C’est là une instrumentalisation politique, un racisme utilitaire jamais pris en compte par les statistiques. S’il l’était, il ferait considérablement monter la moyenne canadienne.
L’autre grand désaccord de lecture porte sur les 50 % de modérés. Il se trouve des profs de ceci-cela, des intervenants auprès des immigrés pour affirmer sans vergogne que, sur le fond, ces 50 % de modérés sont clairement xénophobes. Pour les intégristes du pluralisme à la canadienne, revendiquer que les immigrés fassent un effort pour s’intégrer à la culture de la majorité, c’est de la xénophobie.
Entendez-moi bien. Un intellectuel se lèverait pour crier que le Québec est assis sur ses préjugés, ses clichés, son folklore de merde, sur une bêtise sans équivalence dans la francophonie, qu’il adore des nullités, qu’il est toujours à revendiquer le (gros) bon sens qui n’a jamais été rien d’autre qu’une formule rancie, j’applaudirais comme un fou. Mais d’entendre d’une dame chercheuse à l’INRS que quatre Québécois de souche sur cinq sont xénophobes, je dis que c’est de la pure merde. Je dis que c’est crinquer le ressort de la culpabilité. Je dis que c’est envoyer du renfort à Mario Dumont. Je dis que cette dame est sûrement une rejetonne illégitime de Trudeau.
Je dis aussi que ce qui est vraiment inquiétant et unique au Québec, ce sont les 20 % de connards de la quatrième catégorie : on a beaucoup à apprendre des immigrés, leur culture enrichit la nôtre. J’entends la voix qui dit ça, elle traîne un peu, pose : Leur culture enrichit la nôtre. Parle pour la tienne, de culture, si creuse qu’un peu de couscous la remplit.
Évidemment que se frotter au monde enrichit. Est-ce bien nécessaire, ma tante, de s’en extasier sur le ton du jardinier un peu gaga qui regarde tomber la pluie : c’est bon pour les radis ?
Comment t’expliquer, ma tante, que me vient toujours, à ce moment précis, une furieuse envie d’aller pisser sur les putains de radis ? Peut-être suis-je un peu xénophobe, après tout. M’a te dire, cela me dérangerait moins que d’être un peu con.”
Le samedi 22 décembre 2007
par Pierre Foglia
« Chaque fois que monsieur B s’élance vers le ciel dans une balançoire, il fait des coucous à papy Gilles, le grand-papa qu’il n’aura jamais connu. «Maman? Pourquoi il est mort, papy Zilles? Pourquoi les médecins ils ne l’ont pas guéri? Est-ce que ze peux lui parler? Est-ce qu’il peut nous voir? Comment il a fait pour monter dans le ciel?»
“Il faut ouvrir le coeur et le corps
Avant que mon abonnement pro à Flickr prenne fin et d’ici à ce que je le renouvelle, j’ai téléversé une bonne partie des 

