Les mots pullulent. Ils sont partout et ils ont la vie dure.Certains ont traversé des siècles, certains ne vivent que le temps d’une saison. D’autres, morts il y a longtemps, reviennent un matin dans la bouche d’un gosse qui ignore leur signification.
Je trouve mes mots partout. Dans la rue, dans les livres. Ou simplement dans l’air. Certains mots, même quand on ne les emploie plus, aiment rester dans l’air à flotter, en attendant qu’un facétieux les attrape.
J’aime surtout les mots simples que les gens emploient souvent. Des mots qui aiment se retrouver dans une bouche pour se faire manger, broyer, dévorer, mastiquer. Des mots bien domestiqués. Il m’arrive de prendre un de ces mots, un mot constamment utilisé par tout le monde, un mot qui a roulé sa bosse dans toutes les bouches (des bouches édentées de vieux grincheux, des bouches parfumées d’enfants, des bouches affamées de pauvres ou arrogantes de riches) et de me concentrer dessus jusqu’à ce qu’il devienne tout neuf.
Dany Laferrière, Le cri des oiseaux fous

L’incident Zidane vu par les Français… et par 



