littérature, identités, l'écriturepar Rg le 07.02.2006 @ 7:40 pm
[J’écrivais il y a plusieurs mois, mais sans avoir terminé le billet.. je le termine ce soir.. à un m’ment d’nné tsé.]
Je viens de saisir.
On me demande à l’occasion pourquoi je ne gagne pas ma vie avec ma plume, par exemple dans le journalisme ou l’écriture. Sous-entendu : pourquoi t’écris pas des ramans, mon cherry?
Là je sais pourquoi : il y a un sapré bout de temps, j’ai fait le choix de la sphère intérieure plus intime au détriment de la sphère littéraire, grouillante et bavarde.. et monétairement pauvre en général, et même de la sphère participative et citoyenne publique, généralement bien pauvre au Québec, sauf en de so rare îlots.
Ce n’est pas que je n’aurais rien à dire. Ce n’est pas non plus parce que j’ai des leçons à donner, don’t get me wrong honey.
Je me rappelle de t’avoir répondu cinquante fois plutôt qu’une, que l’écriture viendrait au tournant de la cinquantaine, comme mon héros. Tu étais insistante sur ce point.. je pense que la perspective de partager ta vie avec un écrivain t’excitait, groupie. Bref, tu ne comprenais pas. Et tu n’étais pas la seule…. M’enfin, je trouvais tellement que les Bourguignon, Trudel, Aquin, Mistral, Barbe, Martineau et même le facteur d’orgues de Saint-Hyacinthe pondu par Mathieu-Robert, n’avaient rien à rajouter au bruit ambiant, sinon de prétendre et d’exciter les groupies de leur plume…
Dimanche soir, tout ça m’est revenu en écoutant Alan Ball commenter l’épisode 13 de la troisième saison de Six Feet Under. Récemment, je repensais à toute cette question et me sentait un tantinet coupable (mais de quoi?). Ball m’a réconcilié avec moi-même. Mauricio parlait de l’importance de faire ses gammes, d’en faire tout le temps, constamment. Moi, aller dans les cubicules avec ma trompette, ça m’emmerdait, puis ça m’emmerde encore. La vie se passait à l’extérieur des cubicules..
Ça va venir, let it be patient. Germination anyone? :- )