littératurepar Rg le 15.10.2007 @ 4:58 pm

Paul Auster J’ai un rapport flou avec l’oeuvre de Paul Auster.

J’ai souvenance d’avoir lu 4-5 romans de cet écrivain newyorkais, mais je serais bien mal aise de faire le moindre compte-rendu. Je serais bien curieux de connaître la raison de ce flou.

En jetant un oeil dans sa bibliographie, plusieurs titres me reviennent en mémoire. C’est comme la brume : Leviathan, The Trilogy of New-York, The Book of illusions, que j’ai lus dans les traductions françaises, bien qu’il me plairait bien de me frotter à l’original en anglo-américain.


littérature, langagespar Rg le 21.07.2006 @ 9:40 am

La jungle, 1943 de Wifredo Lam

Les mots pullulent. Ils sont partout et ils ont la vie dure.

Certains ont traversé des siècles, certains ne vivent que le temps d’une saison. D’autres, morts il y a longtemps, reviennent un matin dans la bouche d’un gosse qui ignore leur signification.

Je trouve mes mots partout. Dans la rue, dans les livres. Ou simplement dans l’air. Certains mots, même quand on ne les emploie plus, aiment rester dans l’air à flotter, en attendant qu’un facétieux les attrape.

J’aime surtout les mots simples que les gens emploient souvent. Des mots qui aiment se retrouver dans une bouche pour se faire manger, broyer, dévorer, mastiquer. Des mots bien domestiqués. Il m’arrive de prendre un de ces mots, un mot constamment utilisé par tout le monde, un mot qui a roulé sa bosse dans toutes les bouches (des bouches édentées de vieux grincheux, des bouches parfumées d’enfants, des bouches affamées de pauvres ou arrogantes de riches) et de me concentrer dessus jusqu’à ce qu’il devienne tout neuf.

Dany Laferrière, Le cri des oiseaux fous


littérature, langagespar Rg le 02.07.2006 @ 12:23 pm

La jungle, 1943 de Wifredo Lam

J’aime la discrète puissance du mot étincelle (une étincelle peut mettre le feu à la plaine). C’est un mot aussi élégant et féminin que le mot libellule. Ce n’est ni brutal ni grossier comme le mot pouvoir. Par contre, le mot sexe n’a pas de genre à mon avis. Pourtant, il n’est pas neutre. Plutôt explosif…

Curieusement je n’aime pas les dictionnaires. Je n’accepte pas l’idée qu’on puisse définir les mots. J’ai recopié ceux que j’aime dans un cahier et je leur ai donné, à chacun, un sens personnel. Cela peut varier selon mon humeur. Le mot tristesse, par exemple, m’a toujours semblé un mot très gai, d’une gaieté imbibée d’alcool. Alors que le mot joie me fait terriblement peur (un mot de deuil). La mort accompagne toujours la joie. Alors que je vois des pierreries dans le mot tristesse, la lettre S étant, pour moi, la plus raffinée de l’alphabet. Dès que je trouve un mot qui me plaît, je sors mon cahier noir pour le noter.

Dany Laferrière, Le cri des oiseaux fous


littérature, l'écriturepar Rg le 24.06.2006 @ 1:32 pm

La jungle, 1943 de Wifredo Lam

Souvent, dans la journée, je vois flotter devant mes yeux le visage si calme de ma grand-mère, et cela me repose.

Dany Laferrière, Le cri des oiseaux fous


littérature, l'écriturepar Rg le 18.06.2006 @ 2:15 pm

La jungle, 1943 de Wifredo Lam

Je suis fou des mots. J’ai un cahier plein de mots rutilants (mais les plus beaux sont les plus simples*). Leur sens se trouve caché dans leur musique. Des mots comme lune, mer, ciel, jaune ou coeur. J’aime le mot étincelle, qui me fait penser à une pluie d’étoiles. Et tout de suite, mon enfance m’éclate à la tête.

Dany Laferrière, Le cri des oiseaux fous

* On dirait un québécisme.


littérature, l'écriturepar Rg le 18.06.2006 @ 1:58 pm

La jungle, 1943 de Wifredo Lam

Ce que j’aime, c’est écrire. Rendre une ambiance avec des mots. Faire vivre une situation avec des phrases.

Dany Laferrière, Le cri des oiseaux fous


littérature, l'écriturepar Rg le 15.06.2006 @ 5:53 pm

Je cherchais l’épisode des paroles gelées et suis tombé sur ce charme sonore.

Rabelais, c’est Gauvreau et Ducharme au cube !

Lors nous jecta sus le tillac plenes mains de parolles gelées, et sembloient dragées perlées de diverses couleurs. Nous y veismes des motz de gueule, des motz de sinople, des motz de azur, des motz de sable, des motz doréz. Lesquelz, estre quelque peu eschaufféz entre nos mains, fondoient comme neiges, et les oyons réalement, mais ne les entendions, car c’estoit languaige barbare. Panurge requist Pantagruel luy en donner encores. Pantagruel luy respondit que donner parolles estoit acte des amoureux.” Vendez-m’en doncques! disoit Panurge.- C’est acte de advocatz, respondit Pantagruel, vendre parolles. Ce nonobstant, il en jecta sus le tillac troys ou quatre poignées. Et y veids des parolles bien picquantes, des parolles sanglantes, des parolles horrificques et aultres assez mal plaisantes à veoir. Lesquelles, ensemblement fondues, ouysmes : hin, hin, hin, hin, his, ticque, torche, lorgne, brededin, bredelac, frr, frrr, frrr, bou, bou, bou, bou, bou, bou, bou, bou, traccc, trac, trr, trr, trr, trrr, trrrrrr, on, on, on, on, ououououon, goth, magoth et ne sçay quelz aultres motz barbares;. Croyez que nous y eusmez du passetemps beaucoup. Je vouloys quelques motz de gueule mettre en réserve dedans de l’huille, comme l’on garde la neige et la glace, et entre du feurre bien nect. Mais Pantagruel ne le voulut, disant estre follie faire réserve de ce dont jamais l’on n’a faulte et que toujours on a en main, comme sont motz de gueule entre tous bons et joyeulx Pantagruelistes.


à faire, littérature, jardinagepar Rg le 21.02.2006 @ 1:37 pm

Francis Hallé, botaniste, biologiste, spécialiste de l’architecture des arbres et de l’écologie des forêts tropicales humides, auteur, pour l’ouvrage Plaidoyer pour l’arbre , publié éditions Actes sud, à Indicatif Présent.


littérature, identités, l'écriturepar Rg le 07.02.2006 @ 7:40 pm

[J’écrivais il y a plusieurs mois, mais sans avoir terminé le billet.. je le termine ce soir.. à un m’ment d’nné tsé.]

Je viens de saisir.

On me demande à l’occasion pourquoi je ne gagne pas ma vie avec ma plume, par exemple dans le journalisme ou l’écriture. Sous-entendu : pourquoi t’écris pas des ramans, mon cherry?

Là je sais pourquoi : il y a un sapré bout de temps, j’ai fait le choix de la sphère intérieure plus intime au détriment de la sphère littéraire, grouillante et bavarde.. et monétairement pauvre en général, et même de la sphère participative et citoyenne publique, généralement bien pauvre au Québec, sauf en de so rare îlots.

Ce n’est pas que je n’aurais rien à dire. Ce n’est pas non plus parce que j’ai des leçons à donner, don’t get me wrong honey.

Je me rappelle de t’avoir répondu cinquante fois plutôt qu’une, que l’écriture viendrait au tournant de la cinquantaine, comme mon héros. Tu étais insistante sur ce point.. je pense que la perspective de partager ta vie avec un écrivain t’excitait, groupie. Bref, tu ne comprenais pas. Et tu n’étais pas la seule…. M’enfin, je trouvais tellement que les Bourguignon, Trudel, Aquin, Mistral, Barbe, Martineau et même le facteur d’orgues de Saint-Hyacinthe pondu par Mathieu-Robert, n’avaient rien à rajouter au bruit ambiant, sinon de prétendre et d’exciter les groupies de leur plume…

Dimanche soir, tout ça m’est revenu en écoutant Alan Ball commenter l’épisode 13 de la troisième saison de Six Feet Under. Récemment, je repensais à toute cette question et me sentait un tantinet coupable (mais de quoi?). Ball m’a réconcilié avec moi-même. Mauricio parlait de l’importance de faire ses gammes, d’en faire tout le temps, constamment. Moi, aller dans les cubicules avec ma trompette, ça m’emmerdait, puis ça m’emmerde encore. La vie se passait à l’extérieur des cubicules..

Ça va venir, let it be patient. Germination anyone? :- )


à faire, littérature, l'écriturepar Rg le 13.01.2006 @ 11:38 pm

L odeur du café


littérature, l'écriture, Ajarpar Rg le 30.06.2005 @ 10:44 pm

Voilà qui m’étonne et me mène je ne sais où.

Ducharme engendre Gary qui fait un rejeton Pennac.

Or donc une conversation autour de Pennac. C’est pas lui pas pris, je devrais dire voilà un autre Mallaussène, bouc émissaire rêvé à une conversation sur Belleville et ses habitants. On ne laissera pas Jérémie baptiser celui-là…

Et une conversation autour about Gary, Ajar, Kacew, Sinibaldi.. this is a roman diary.

Ça doit être la résine de sapin qui émane dans cette canicule : les oeufs de Colomb ont des ondes porteuses.


littératurepar Rg le 29.06.2005 @ 11:32 pm

Je suis bien heureux de cette idée de créer une conversation autour de l’oeuvre de Réjean Ducharme.