Des observateurs attentifs le savaient, mais, lundi soir, cette réalité a éclaté. Un certain Québec urbain, convaincu de sa supériorité cosmopolite, de son bon droit de gauche, tolérant jusqu’à l’indifférence, osé jusqu’à l’exhibitionnisme, tonitruant et sûr de son pouvoir, ce Québec en cachait un autre. Cet autre Québec plus silencieux, méfiant des métropoles, moins conservateur que dépositaire d’un héritage collectif, aussi tolérant mais nullement obsédé d’être toujours à l’avant-garde d’un progrès qui n’est souvent qu’un effet de mode, un Québec moins fébrile, également moins énervé par la nouveauté d’où qu’elle provienne, ce Québec sans Montréal a choisi comme les Normands, ses ancêtres, de ne plus mettre ses oeufs dans le même panier cul-de-sac et a aussi rejeté les «valeurs canadiennes» à la sauce libérale.
La Bombardier me fait infiniment plus plaisir à “détourer” les réalités québécoises, qu’à refuser de s’excuser auprès d’une maman éplorée au lendemain d’un macabre geste.
La victoire minoritaire n’est pas le fruit de mon vote, mais je salue le nouvel équilibre à venir. Et surtout ce camouflet aux forces souverainistes qui vont devoir refaire leurs devoirs… parce que… ça sent pas la coupe à… Québec. Il se pense dans son bon droit le fils du comédien, mais on ne bâtit pas un pays avec le bon droit et les bons sentiments… surtout pas le sentiment de supériorité morale, de celui qui sait ce qui est bon pour les autres.
Hé oh ! Le montréalais serait-il en train de mourir en moi? :- )
Je me sens muer, devenir autre. Est-ce la quarantaine? les Tourlous? le fait de vivre dans le berceau de l’entrepreneurship québécois où les églises sont pleines et les mots anglais francisés, comme si on mangeait l’anglais? :- 0
Je me sens muer, devenir autre. Et nous ne sommes qu’en janvier…

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